Qui aurait dit il y a 2 ans qu’une star de la télé-réalité serait le nouveau président des États-Unis ? Plus près de nous, que l’Angleterre allait vraiment quitter le projet Européen ? Et dans deux ans ? Quelles révolutions inattendues vont impacter votre business ? Les « Techs », ces nouvelles start-up disruptives, s’attaquent à tous les marchés « traditionnels ». Êtes-vous dans leurs cibles ?

Un rapide tour d’horizon sur les dernières avancées concrètes de quelques secteurs : l’actualité a fait récemment état d’une start-up française (Aston iTrade Finance) en FinTech qui a réussi une levée de fonds de plusieurs millions pour s’internationaliser. Leur solution répond au besoin de cash des entreprises par le biais de leur plateforme qui réunit des entreprises, des assureurs et des financeurs (factoring). En fonction des modules, les entreprises peuvent choisir de réduire leur délais de paiement (relance), de couvrir leur risque d’impayés (assurance) ou de se financer rapidement (factoring) en quelques clics. En Belgique, nous ne sommes pas en reste avec la communauté FinTech Belgium. Ainsi, la plateforme Ebedex offre la possibilité de vendre ses créances (on choisit par facture) ou d’en acheter (comme investissement alternatif avec assurance crédit).

LegalTech : Et si les robots rendaient des jugements plus objectifs ? Les avocats se préoccupent également du phénomène de la « digitalisation » de la justice. En Belgique, lors d’un récent séminaire sur la question, des sujets variés ont été abordés comme l’automatisation du travail fastidieux de recherche, l’estimation de verdicts ou d’indemnités en fonction de cas similaires, voire la probabilité de succès d’une affaire. Ainsi, depuis quelques semaines à Lille, une quinzaine de cabinets d’avocats testent un logiciel qui évalue les chances de gain d’un procès (hors pénal) et identifie les éléments les plus influents sur la décision en se basant sur la jurisprudence. La Belgique est encore occupée à numériser sa jurisprudence (en français et en néerlandais) mais des projets très concrets vont voir le jour en 2017 grâce notamment à la collaboration des deux ordres communautaires des avocats comme le signale un récent article du site Artificial Lawyer.

RegTech : Un pas plus loin, une étude récente de Deloitte Luxembourg recense plus d’une cinquantaine de start-up en Europe (dont 8 au Luxembourg) qui planchent sur la combinaison des nombreuses régulations du secteur financier en général avec la technologie. Cela va du contrôle et de la gestion des identités, en passant par la gestion du risque et la compliance aux normes tant de sécurité que de veille, sans oublier les contraintes de reporting.

AgriTech : Templay a publié récemment un podcast sur la technologie de pointe appliquée à l’agriculture avec Paul Bertaux (AgriOptimize). Il est clair qu’internet peut être un vecteur non négligeable de revenus supplémentaires pour toutes les PME situées en zone rurale. Encore faut-il des initiatives de promotion en ce sens… un terrain encore en friche.

RetailTech : les nouvelles tendances du B2C vont vers une utilisation plus intensive de la technologie, notamment l’effet Pokemon-Go et la géo-localisation pour un marketing de proximité (« attraper » les promotions du coin) ou augmenter l’expérience client comme le propose InThePocket pour Coca-Cola, ou encore la biométrie pour une plus grande sécurité (par ex. les selfies pour les e-transactions de Mastercard). Sans surprise, le média privilégié est le smartphone, véritable concierge personnel qui se commande avec la voix. Mais attention aux hacking vocaux ! Les réseaux sociaux sont utilisés comme plateformes de vente via la recommandation directe (en test sur Pinterest / Twitter / Facebook), le but étant de réduire un maximum de friction dans le processus d’achat.

PropTech : Les agences immobilières virtuelles sont à la mode et même en Belgique comme le démontre VendreDirect.com. Pour une commission fixe (augmentant en fonction des services fournis), ils offrent les services habituels d’une agence, ont un partenaire pour leur assistance juridique gratuite et effectuent même le contrôle de l’installation électrique. L’engouement collaboratif fait fleurir les plateformes, les unes pour propriétaires en rassemblant tous les problèmes d’un bien loué et les solutions de services rapides (efficacité et convivialité). Les autres, (retour en Belgique) destinées aux co-locataires ou pour les projets d’habitats groupés. Sans oublier les locataires qui cherchent (nombre de visite d’un bien) ou les loueurs qui veulent se rassurer (UK: credit check et loyer garanti). Fait marquant, l’acquisition récente de CBRE (société centenaire) annonce peut-être la fin des multiples visites à faire pour les acheteurs… 

TravelTech : Pour terminer sur une note plus légère, on remarquera qu’il manque toujours au secteur son “AirBnB” qui offrira aux voyageurs des tickets d’avion avec un prix clair et transparent en quelques clics sur le mobile. En attendant c’est l’économie du “désir” individuel qui a le vent en poupe (expériences locales authentiques, croisières vers l’Arctique, sanctustay et bleisure) à côté du tourisme éthique et durable, le tout avec moins de temps perdu dans les aéroports grâce aux contrôles biométriques… Et pour ceux qui ne peuvent pas voyager, la réalité virtuelle vous amène  déjà le monde dans votre salon simplement via votre smartphone.

Avec tous ces bouleversements en train de se produire, la question à se poser n’est plus de savoir quand il faut agir mais plutôt que faut-il faire maintenant pour rester dans la course ?

Benoit Yu